Bonaparte à Valence


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La Tour Maubourg

Histoire > Généraux Drômois

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Marie Victor LA TOUR-MAUBOURG (1768-1850)

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Issu de l’ancienne et illustre famille des seigneurs de Fay en Velays, le marquis de La Tour-Maubourg, futur ministre de la Guerre de Charles X, voit le jour le 22 mai 1768 à La Motte de Galaure dans le nord de la Drôme où sa famille possède de riches propriétés. «Le 22 mai 1768, est né et a été baptisé le même jour dans l’église paroissiale de La Motte de Galaure diocèse de Vienne Messire Marie-Victor-Nicolas de Fay de Maubourg, fils légitime de très haut très puissant seigneur Messire Florimond du Fay marquis de la Tour Maubourg de Gerlande, comte de Moncha, vicomte de Letrange, baron de la ville de Privas Boullogne et deuxième seigneur de Saint Maurice de Lignon, Sainte Sigollène, Chabrespine de La Batie, La Motte de Galaure et autres places, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, et de très haute, très puissante dame Marie Françoise de Vachon de Bellmon, mariés et résidants ordinairement en leur château dudit La Motte.»

La Tour-Maubourg passe son enfance dans le château familial de Maubourg en Haute-Loire puis, à l’image de son frère aîné Marie Charles César qui va devenir officier général, il embrasse la carrière militaire en qualité de mousquetaire de la Reine alors qu’il n’a que quatorze ans. Grâce au marquis de Lafayette, un ami intime de son frère qui suit sa carrière avec bienveillance, il devient sous-lieutenant au régiment de Beaujolais-Infanterie le 15 juillet 1782, puis capitaine au régiment Orléans-Cavalerie. En mars 1789, il accède au rang de sous-lieutenant des Gardes du Corps avec le rang provisoire de lieutenant-colonel.

C’est à ce titre que La Tour-Maubourg protège la reine lorsque la populace parisienne surexcitée pénètre dans le palais de Versailles le 6 octobre 1789. Au moment où la vie de la reine Marie-Antoinette est menacée, le jeune homme réussit à la protéger et à la conduire auprès du roi. Cette attitude courageuse est probablement à l’origine de sa promotion au grade de lieutenant-colonel puis de colonel du 3 Chasseurs à cheval alors qu’il n’a pas 24 ans en février 1792. Commandant l’avant-garde de l’armée du Nord confiée à son protecteur Lafayette, il se distingue le 11 juin contre les Autrichiens à la bataille de Glisouelle près de Maubeuge.

Deux mois plus tard il se résigne à abandonner ses troupes et à suivre son frère qui passe à l’ennemi avec Lafayette, déclaré suspect de trahison, le 19 août. Arrêté par les Autrichiens il est retenu prisonnier quelques semaines. Une fois libéré, La Tour-Maubourg se retire à Bruxelles où il vit modestement et discrètement pendant cinq ans. Il faut dire que sa famille ayant émigré, tous les biens des La Tour Maubourg ont été confisqués. Le 3 novembre 1794 par exemple, des commissaires ont procédé à la réquisition du mobilier et du château de La Motte de Galaure.

Revenu en France avec Lafayette après les évènements du 18 Brumaire, La Tour-Maubourg obtient d’être rayé de la liste des émigrés. Comme il insiste pour reprendre du service, il est envoyé en mission en Égypte par Bonaparte pour porter la nouvelle du coup d’État et l’établissement du Consulat à l’armée d’Orient. Arrivé à Aboukir à bord de la frégate
l’Osiris le 28 février 1800, il parvient au Caire le 5 mars. Ayant délivré son message, il devient aide de camp de Kléber qui le nomme chef de brigade à titre provisoire. Le même mois il participe avec entrain à la bataille de Belbeiss et le 14 juin, lorsque Kléber est assassiné au Caire par un Égyptien fanatique, La Tour-Maubourg devient aide de camp de son successeur Menou. Grièvement blessé d’un éclat d’obus à la tête devant Alexandrie le 13 mars 1801, il est rapatrié par la marine anglaise avec les restes de l’armée française. Le 30 juillet 1802, après une longue convalescence un arrêté des Consuls le confirme dans son grade de chef de brigade du 22 régiment de Chasseurs à cheval.

Le 24 août 1804, Latour-Maubourg épouse à Utrecht, en Hollande, la fille d’un général des Pays-Bas qui avait combattu pour la France sous Dumouriez en 1792. Agée de 32 ans, Jacoba Van Ryssel ne lui donnera pas de descendant. Passé en Allemagne en 1805, il sert sous Milhaud puis, présent à Austerlitz le 2 décembre, se voit promu au grade de général de brigade de cavalerie au lendemain de la victoire historique. Le 2 février 1806, il prend la direction de la cavalerie attachée à la division Broussier avant de commander une brigade de dragons à la réserve de cavalerie de la Grande Armée sous Murat. Il termine l’année 1806 en servant successivement à Iéna dans la 3 division de dragons le 14 octobre et à Czarnowo le 23 décembre avant de prendre la direction d’une brigade de cavalerie légère.

Le 5 février 1807, Latour-Maubourg reçoit une nouvelle blessure au bras gauche en combattant les Russes à Deppen. Commandant la 1 brigade de la division Lasalle fin mars, il est promu au grade de général de division le 14 mai. Fin tacticien, courageux, c’est un leader naturel mais peu populaire car il affiche perpétuellement, à l’image d’un Davout, un très mauvais caractère. Le 10 juin, il dirige la manœuvre des 18 escadrons de la 1 division de dragons qui composent la réserve du corps de cavalerie de Murat lors de la bataille d’Heilsberg. Quatre jours plus tard il est blessé d’un coup de feu à la main lors de la bataille de Friedland qui décide le tsar à négocier. En octobre, il décroche un congé et rentre en France. Le 17 mars 1808, La Tour-Maubourg obtient une dotation annuelle de 10francs de rente annuelle sur les domaines réservés de Westphalie, suivi le 3 juin du titre de baron de l’Empire.

Appelé à conduire la réserve de cavalerie du 3 corps de la Grande Armée en Espagne sous Bessières, il sert lors de la prise de Madrid du 2 au 4 décembre. Passé sous les ordres de Victor il figure dans les plans de batailles face à l’Espagnol Venegas à Uclès, le 13 janvier 1809, et Cuenca, le 28 mars. On le retrouve encore le 28 juillet lors de la bataille de Talavera qui permet à l’Anglais Wellesley d’obtenir le titre de vicomte de Wellington et à Ocana lorsque Soult écrase Arizaga le 18 novembre. Transféré sous Mortier, il participe au siège de Badajoz et à la bataille de La Gebora en février 1811 puis s’empare d’Albuquerque le 15 mars. Repoussé de Campo-Mayor, La Tour-Maubourg sert encore à Albufera le 16 mai avant de remplacer Mortier à la tête du 5 corps de la Grande Armée avec lequel il prend Elvas le 23 juin. Le Drômois obtient son ultime commandement en Espagne en juillet 1811 lorsque Soult lui confie le commandement d’une division de cavalerie en Andalousie.

Le 7 février 1812, La Tour-Maubourg commande la 2 division de cavalerie de l’armée du Midi avant d’être rappelé pour participer à la campagne de Russie. Il rejoint donc le 4 corps de cavalerie de la Grande Armée et franchit le Niémen à Kowno le 24 juin. Blessé à la Moskova le 7 septembre lors de l’attaque de la Grande Redoute, il se distingue encore à Mojaisk. Il survit aux rigueurs de la retraite et repasse le Niémen avec les débris de l’armée française le 13 décembre.

Lors de la campagne d’Allemagne de 1813, Latour-Maubourg commande le 1 corps de réserve de cavalerie de la Grande Armée à partir du 15 février. Toujours intrépide il charge à Lützen, Bautzen et Reichenbach en mai puis à Goldberg le 23 août. Commandant un détachement de la cavalerie de Murat, il prend une part déterminante à la victoire de Dresde le 27 août en coupant Metzko de l’aile gauche autrichienne. A Leipzig, au cours de la bataille dite des Nations, il conduit les 4cavaliers du 1 corps et a une jambe arrachée par un boulet à Wachau le 16 octobre. Chateaubriand rapporte dans ses «émoires d’Outre-Tombe» que Latour-Maubourg répondit alors à son domestique en pleurs«
…Tu n’auras plus qu’une botte à cirer»

Grand-croix de l’Ordre de la Réunion, La Tour-Maubourg est fait comte de l’Empire par Napoléon le 22 mars 1814. Ces récompenses séduisantes mais bien trop tardives ne l’empêcheront pas d’adhérer à la déchéance de l’Empereur exilé vers l’île d’Elbe le 20 avril. Il faut dire que s’il est reconnu comme un des plus grands cavaliers de l’Empire La Tour-Maubourg n’oublie jamais ses nobles origines. Il embrasse donc avec assurance la restauration des Bourbons. Louis XVIII le récompense pour sa fidélité en lui accordant la paierie dès le 4 juin et le grand cordon de la Légion d’honneur le 23 août suivant. Membre du Comité de la Guerre en décembre, il est chargé de l’organisation des bataillons de volontaires royaux réunis à Vincennes le 12 mars 1815 pour combattre Napoléon qui vient de débarquer à Golfe-Juan. Louis XVIII ayant quitté le pays, ces bataillons ne seront pas utilisés et durant les Cent-Jours, La Tour-Maubourg restera prudemment à l’écart de tout engagement compromettant.

Admis à la retraite le 18 octobre, il vote la mort du maréchal Ney, son ancien camarade d’armes, qui est fusillé au Carrefour de l’Observatoire le 7 décembre. Le 31 juillet 1817, La Tour-Maubourg est fait marquis, puis il reçoit la grand-croix de l’Ordre de Saint-Louis des mains de Louis XVIII en septembre 1818. Après avoir occupé les fonctions de président du Comité de cavalerie, il est nommé ambassadeur à Londres le 29 janvier 1819.

Le 19 novembre 1819, lorsque Decazes prend la tête d’un nouveau ministère en tant que président du Conseil, La Tour-Maubourg remplace le maréchal Gouvion Saint-Cyr au ministère de la Guerre. Dans un environnement politique difficile il consacre toute son énergie à mettre en œuvre la loi militaire votée l’année précédente. Cette loi prévoit notamment la fin de la conscription, le retour à un engagement volontaire et une durée de service de six ans. Elle fixe également des conditions strictes à l’avancement des officiers de façon à rendre impossible les nominations par complaisance. L’armée de réserve constituée avec les soldats libérés lui permet de réintégrer beaucoup de vétérans de l’Empire. En complément à l’œuvre de Gouvion Saint-Cyr, La Tour-Maubourg fait également voter l’ordonnance du 25 octobre 1820 portant réorganisation détaillée de l’infanterie française.

Le 15 décembre 1821, lorsque Villèle devient premier ministre à la faveur du succès électoral des ultras, La Tour-Maubourg est remplacé au ministère de la Guerre par le Maréchal Victor. La chute de Decazes marque la fin de la période modérée de la Restauration. Elle amène au pouvoir une Droite, revancharde qui y restera presque sans interruption jusqu’en 1830. Ce même 15 décembre 1821, La Tour-Maubourg devient ministre d’État et Gouverneur de l’Hôtel des Invalides. Pendant neuf ans, il va s’investir dans sa mission tout en apportant un soutien complet aux Bourbons.

En septembre 1824, farouchement légitimiste, il accompagne Charles X qui accède au trône à la mort de Louis XVIII. Les ministères se succèdent mais La Tour-Maubourg ne retrouvera plus les ors du ministère. Il ne ménage pourtant pas son appui au roi qui persiste à ignorer la volonté du pays exprimée par les élections. Et lorsque les fatales ordonnances, publiées le 26 juillet 1830, provoquent les émeutes dites des Trois Glorieuses qui entraînent l’abdication de Charles X, La Tour-Maubourg persiste à lier son sort à la dynastie des Bourbons.

Le 9 août 1830, le duc d’Orléans prête serment sous le nom de Louis-Philippe. Deux jours plus tard, refusant de reconnaître la Monarchie de Juillet qui vient d’être proclamée, La Tour-Maubourg démissionne du gouvernement des Invalides et de la paierie. Il se retire quelques jours à Melun avant d’embarquer à Cherbourg avec Charles X qui part en exil en Ecosse. Choisi en 1835 comme gouverneur du duc de Bordeaux, petit fils de Charles X et dernier descendant français de la branche des Bourbons, il accompagne la famille déchue à Prague puis à Gortz en Autriche.

La Tour-Maubourg ne rentre en France qu’en 1848 après la chute de Louis-Philippe. Il décède le 11 novembre 1850 au château de Farcy-les-Lys situé sur le territoire de la commune de Dammarie en Seine et Marne. Son nom est inscrit au côté sud de l’Arc de Triomphe de l’Etoile. Il reste le seul personnage historique né dans la Drôme à avoir donné son nom à l’une des 305 stations du métro de Paris.

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