Bonaparte à Valence


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Pellapra

Histoire > Généraux Drômois

Le général Jean-Louis PELLAPRA
Une forte tête montilienne


Fils légitime d'un avocat royal, Jean-Louis Pellapra voit le jour à Montélimar le 11 janvier 1739. Bien que tout le dispose à rejoindre la sage bourgeoisie de robe dont est issue sa famille, il ne rêve que plaies et bosses et se singularise par un caractère exécrable.

Dès le 1er mai 1754, à peine âgé de quinze ans, il abandonne de laborieuses études et s'engage, au grand dam de sa famille, dans le régiment de Champagne-infanterie qui va servir en Allemagne de 1757 à 1761. Devenu grenadier le 1er mars 1758, il est congédié le 27 mars 1762 et retourne vivre à Montélimar. Il a vingt-trois ans et tente de reprendre ses études mais la passion des armes est la plus forte. Le 28 avril 1767, il s'engage au régiment de Bourgogne-infanterie cette fois et, n'étant pas noble, obtient péniblement le grade de sergent le 3 octobre 1768 à près de trente ans, au terme de dix ans de service. Servant dans les troupes envoyées en Corse par Louis XV pour mater la rébellion, Pellapra est enfin promu sous-lieutenant de grenadiers le 5 mars 1769 sur proposition du général Luckner. Blessé le 9 mai d'un coup de feu au bras droit lors de la bataille de Ponte Nuovo qui signe le glas de la révolte, il entreprend une longue convalescence. Malgré son courage sa carrière ne décolle pas : lieutenant de grenadiers le 6 avril 1772, il se retrouve lieutenant en second le 8 juin 1776 sans que l'on connaisse vraiment le motif de cette disgrâce.

Le 2 juin 1777, Pellapra récupère son grade de lieutenant de grenadiers et devient capitaine en second dans la même arme trois ans plus tard. Le 24 septembre 1782, profitant d'un congé réglementaire, il épouse à Montélimar Anne-Marie Franjon qui lui donnera deux enfants. Capitaine en 2ème de fusiliers le 16 juin 1786, Pellapra est nommé chevalier dans l'Ordre de Saint-Louis le 21 décembre 1788, après avoir fait le siège de l'administration royale. Comme pour beaucoup d'autres soldats issus de milieux bourgeois, les évènements révolutionnaires vont marquer le début de son ascension car les officiers expérimentés sont devenus rares au sein des armées françaises minées par l'émigration et les désertions.

Capitaine-commandant le 1er avril 1791, il devient lieutenant-colonel au sein du 59ème régiment le 11 juin 1793. Affecté à l'armée du Midi, levée par Carteaux pour combattre les insurgés du Sud le 2 juillet 1793, Pellapra, dont le mauvais caractère est devenu légendaire, est blessé devant Avignon le 24 juillet, ce qui ne l'empêche pas d'obtenir le grade de chef de brigade un mois plus tard. Il a à peine le temps d'être nommé, par le Conseil exécutif provisoire, général de brigade auprès de l'armée d'Italie le 23 septembre qu'il est promu général de division à l'armée des Alpes le 7 octobre cette fois. Trois promotions en trois mois !

Chargé provisoirement du commandement en chef de l'armée des Alpes à la place de Carteaux le 16 décembre, Pellapra ne conserve ce poste prestigieux, mais bien trop important pour lui, qu'un mois. Le 21 janvier 1794, il reçoit la direction de la 4ème division de cette armée. Employé à l'armée devenue des Alpes et d'Italie, sous le rugueux Kellermann qui le méprise ouvertement, le 14 juin 1795, il est admis au traitement de réforme le 18 mars 1797 et renvoyé sans ménagement dans ses foyers. Devenu administrateur du district de Montélimar il frappe sans cesse à toutes les portes pour obtenir un commandement actif que personne ne veut lui confier et végète à ce poste honorifique pendant 2 ans.

Le 7 septembre 1799, le valentinois Championnet, qui commande en chef l'armée d'Italie après s'être illustré à Naples, le nomme complaisamment commandant provisoire de l'ensemble de la 7ème division militaire à Grenoble. Championnet battu à Genola le 4 novembre, Pellapra perd son ultime protecteur. Epuisé par quarante-trois ans de service, quatorze campagnes et plusieurs blessures, Pellapra n'est pas reconduit par Masséna qui succède à Championnet et se voit remplacer par le sévère mais talentueux Férino. Contraint d'abandonner ses fonctions, il est définitivement mis à la retraite par un arrêté daté du 27 avril 1801 et se retire à Montélimar, où il décède le 25 mars 1808.

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